J’ai créé Madeleine Films en 1951, avec le soutien de deux producteurs américains, Peter Rathvon et Stuart Schulberg. Après des premiers locaux dans le centre de Paris, place de la Madeleine (qui a laissé son nom -et son logo- à la société), nous avons aménagé dans le 16ème arrondissement, square Pétrarque, non seulement nos bureaux, mais aussi une salle de montage et une salle de projection, ce qui nous a permis de travailler confortablement tout en gagnant beaucoup de temps.

C’est square Pétrarque qu’ont été tournées par René Clair quelques scènes des Quatre vérités et préparés les premiers films de réalisateurs comme Jean-Gabriel Albicocco (La fille aux yeux d’or, puis Le Grand Meaulnes). Nous y avons produit avec Yves Robert les premiers films publicitaires diffusés par la télévision française, dans le cadre de ce qui était alors une filiale de Madeleine Films, Téléma, que nous avons par la suite cédée à Charles Gassot.

C’est aussi avec Yves Robert, et «La Guéville», la société qu’il avait créée avec son épouse Daniele Delorme, que j’ai co-produit de nombreux films : Alexandre le Bienheureux, Le Distrait, Les Malheurs d’Alfred, Le Grand Blond avec une Chaussure noire… Ce sont ces films qui ont permis de «lancer» Pierre Richard, ou Francis Veber avec qui nous avions déjà fait pour ses débuts un film de télévision.

Un autre grand complice de l’époque était Paul Claudon, dont j’ai coproduit Le Grand Amour, de Pierre Etaix, et qui a co-produit avec nous Hoa Binh, un film de Raoul Coutard, le chef op de la Nouvelle Vague. L’équipe était à Saïgon, au milieu de la guerre, mais nous communiquions grâce au télex du service de presse de l’armée.

C’est à l'occasion de la production du film de Jacques Demy Les Demoiselles de Rochefort, que j'ai découvert à Neuilly un lieu qui permettait de répondre à (presque) tous les besoins d'un film, de sa préparation aux premières projections. C’était Mag Bodard, avec qui nous avions déjà produit Les Parapluies de Cherbourg, qui avait aménagé l’endroit.

D'abord cliente, puis locataire, Madeleine Films a racheté « les Dames Augustines » à Michel Seydoux en 1987 et entrepris d'importants travaux en 1995. Nous avons tenté de combiner un haut niveau de qualité technique avec la chaleur de l'accueil.
Nous avons, je pense, gagné notre pari : la salle de projection est devenue une « référence » dans Paris, les ingénieurs du son et les bruiteurs apprécient notre auditorium, les réalisateurs et les monteurs qui ont travaillé ici veulent toujours revenir... Nous louons aussi des bureaux.

Le bar, enfin, est un lieu accueillant pour ceux qui travaillent dans la maison comme pour les clients qui peuvent y organiser un cocktail avant ou après une projection. J'espère vous y rencontrer prochainement.

Gilbert de Goldschmidt

© Madeleine Films
7 rue des Dames Augustines - 92200 Neuilly sur Seine Conception Sébastien Grollier